ALIMENTATION EN EAU POTABLE

Publication de notes relatives à la conception et à l'exploitation des réseaux d'alimentation en eau potable

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18. Données statistiques de la consommation en eau potable au Luxembourg

Toutes les localités du Grand-Duché de Luxembourg disposent de réseaux publics de distribution d’eau potable (4.600 km de conduites, 10 m/hab, 1,8 km/km2, 400 réservoirs, dont 50 sur tour), auxquels sont raccordés 99.9% de la population (180.000 branchements privés et industriels). Quelques centaines de maisons isolées n'ont toutefois pas accès à l'eau potable et sont approvisionnées à partir de sources ou de puits privés qui ne sont pas soumis au contrôle sanitaire obligatoire.

La consommation en eau potable distribuée par le réseau public avoisine actuellement 35.000.000 m3 par an, dont 20.000.000 m3 sont captés dans les nappes phréatiques (sources et forages) et 15.000.000 m3 prélevés du lac d’Esch-sur-Sûre (station de traitement des eaux de surface du SEBES). En somme, les 35.000.000 m3/an distribuées par le réseau public correspondent à une consommation unitaire de 200 litres par habitant par jour (et donc à la valeur guide proposée par la directive européenne 98/83/CE pour la distribution publique), dont environ 140 litres par habitant par jour pour la seule consommation des ménages privés (50 m3 par personne par an pour les ménages).

Parallèlement, l’industrie prélève directement 4.000.000 m3 d’eau souterraine de qualité potable (industrie agro-alimentaire) et 15.000.000 m3 d’eau de surface brute (eau de refroidissement de l’industrie lourde) pour ses propres besoins, totalisant ainsi 54.000.000 m3/an d'eau (brute et potable) prélevés sur le cycle de l’eau. En somme, la consommation spécifique est de 113 m3 d'eau par habitant et par an (310 litres par habitant par jour). Quelques 290 sources et 60 forages sont actuellement exploités à des fins d’eau potable par les fournisseurs d’eau publics (270/40) et par l’industrie (20/20) (carte). Bon nombre de prélèvements privés (1.300 sources et puits de faible profondeur) échappent cependant à la surveillance des autorités publiques.

Ainsi, les consommateurs, toutes catégories confondues, prélèvent 2,4% de l’apport annuel en eau sous forme de précipitations sur le territoire luxembourgeois (872 mm) sur le cycle de l'eau (cycle 2004). D'autre part, le captage du déversement des sources et le prélèvement dans les nappes souterraines correspondent à 40% du rechargement annuel des aquifères sollicités.

En général, on remarque que la consommation d’eau du secteur industriel diminue, mais qu’en revanche, la consommation totale de la population augmente, un phénomène dû à l’augmentation constante de la population résidente du Luxembourg. Ainsi le prélèvement sur le cycle de l’eau est en légère baisse, phénomène dû à la demande décroissante en eau brute de l’industrie lourde. Cette baisse significative est en partie compensée par la demande croissante en eau potable de la population résidente en forte augmentation (1,35% par an sur les quinze dernières années). La capacité théorique de production d'eau potable des infrastructures d’approvisionnement publiques est de 70.000.000 m3/an (190.000 m3/jour) pour les forages et sources en exploitation et de 80.000 m3/jour sur une période limitée pour la station de traitement des eaux de surface d’Esch-sur-Sûre. A moyen terme, la capacité maximale répondra donc aux besoins des consommateurs.

Pour terminer, quelques valeurs guides par jour et par unité consommatrice permettant d’évaluer approximativement les besoins en eau potable de différentes zones de consommation spécifique :

  • Demande globale en eau potable par tête d'habitant et par jour, comprenant les besoins des services publics et ceux des secteurs économiques :
    • qd_=_200_l/jourhabitant
    • qdmax_=_350_l/jourhabitant
  • Zone d'habitation :
    • zone à caractère urbain ou à forte densité de construction (> 120 hab/ha) : qd_=_140_l/jourhabitant
    • zone à caractère rural ou à faible densité de construction (< 120 hab/ha) : qd_=_180_l/jourhabitant
    • densité résidentielle moyenne : 2,50 habitants par ménage, 40 m2 de surface habitable par habitant
  • Zone mixte avec habitat urbain et petit commerce :
    • qd_=_140_l/jourhabitant_+_50_l/jouremployé
  • Zone tertiaire avec immeubles bancaires, administratifs et commerciaux :
    • qd_=_75-100_l/jouremployé
  • Zone multifonctionnelle de l’habitat, du commerce, des administrations, de l’enseignement et des loisirs (à l’instar du Plateau de Kirchberg et des Friches industrielles d'Esch/Belval) :
    • surface brute de la zone, espaces publics compris : qd_=_18_m3/jourhabrute
    • surface nette de la zone, hors espaces publics : qd_=_25_m3/jourhanette
  • Zone d’activité :
    • surface nette de la zone, hors espaces publics : qd_=_16_m3/jourhanette

Il faut néanmoins souligner que ces chiffres ne représentent que des moyennes très générales, ou même plutôt des maxima journaliers, par rapport auxquelles on observe de larges variations d’une part selon les saisons (le changement des conditions climatologiques et l'afflux d'une population saisonnière peuvent conduire à une importante augmentation de la demande en eau) et d’autre part selon les journées de la semaine (notamment pour les secteurs économiques).

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Posté par Philippe Colbach - Commentaires [0]

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